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dimanche 23 décembre 2018

Pourquoi les mincent causent-iels régime à table ? Guide de survive pour les gros.ses durant les Fêtes

« Dix secondes en bouche, dix ans sur les hanches », « Ohlala je vais encore manger comme un.e gros.se », « Bon, après, c'est régime sec pendant trois semaines ! »...

Est-ce qu'on peut revenir deux secondes sur ces remarques et autres « blagues » grossophobes qu'on se balance, à soi-même, ou entre nous. Au moment de manger de surcroît ?


Petit aparté histoire de gagner un peu de temps à celleux qui voudront défendre bec et ongles ces comportements culpabilisants et oppressifs : il est là bel et bien question de grossophobie. Exprimer très vocalement sa peur de grossir indique deux choses :
  • la peur de devenir gros.se, donc « moche»;
  • la peur de changer de statut social en perdant son privilège mince parce que l'on SAIT comment notre société traite les personnes grosses (discrimination à l'embauche, violences médicales, isolement social...). On le sait puisqu'on y participe.




(petit thread rapide de l'autre jour sur la question)



Déconstruire la moralité grossophobe de la bonne bouffe


Pourrait-on s'il vous plaît, disais-je, s'arrêter et prendre conscience de la violence de ces phrases toutes faites, prononcées dans le but de se dédouaner du pêcher de se faire plaisir en mangeant ? Oui oui, il est question ici de moralité face au kiff que suscite une belle assiette ou une délicieuse bouchée.

Le fait que l'on s'auto-flagelle verbalement de la sorte, le plus souvent au restaurant ou bien lors de repas de fêtes, trahit un réel sous-texte moral puisque la notion de bouffe plaisir est là à ces deux occasions. Autre indice : ce sont des contextes de sociabilisation. Vous faites-vous les mêmes remarques lorsque vous mangez en solo ? Et pourquoi diable, si vous avez si peur que ça de grossir ?



Il appartient donc de s'interroger sérieusement sur ce qui motive en fait ces démonstrations de faux regrets face à de la bonne nourriture. Pourquoi fait-on cela ? Indiquer haut et fort que l'on a peur de grossir permet en quelque sorte de s'absoudre du pêcher que serait aimer manger quelque chose de bon. Même en étant loin de la notion d'excès suggérée par la faute capitale de gourmandise. Le tout, en condamnant les pêcheur.esse.s gros.ses qui, ielles, se serait lamentablement laissé.e.s aller à la tentation.

Sauf que... et vous allez sans doute être déçu.e.s... ces désagréables vocalises grossophobes ne vont pas magiquement faire baisser le taux de graisses ou le nombre de calories de ce que vous vous apprêtez à déguster. Ce qu'elles font ? Elles entretiennent le culte de la minceur et la culture du régime, idéologies fascisantes du contrôle du corps à la croisée entre le plus cynique des capitalismes et la plus dégueulasse des misogynies (la grossophobie en particulier, et le body shaming en général, touchant plus violemment les femmes, toutes les études en attestent).

Ce sont deux choses qui maintiennent en place la grossophobie. Qui violente les personnes gros.ses mais maintient aussi les minces, bien que privilégiées, dans une tension constante pour ne surtout pas devenir comme elles.

Lutter contre la culpabilisation face à l'assiette


Avant de remettre un peu de bon sens dans ces tristes conversations de table, un peu de contexte pour nuancer : ce ne sont pas que les minces, qui prononcent de telles horreurs. C'est vrai.

Une personne grosse va prononcer ce type de phrases toutes faites pour rassurer son entourage mince sur le fait qu'elle a bien conscience d'être un monstre, qu'elle s'en veut et qu'elle n'est surtout pas en paix avec sa grosseur... Ou pour exprimer la détresse que lui suscite l'idée de grossir encore à cause de son appétit.

Quand une personne mince le dit, ce n'est pas la même limonade. C'est une sorte de péage à passer pour pouvoir profiter d'un bon petit plat tout en conservant les avantages conférés par son statut privilégié de personne non-grosse. Et c'est, contrairement au cas des personnes grosses qui expriment-là des angoisses liées à une réalité concrète, quelque chose qu'il est légitime et nécessaire de déconstruire lorsqu'on le peut.

J'aimerais beaucoup pouvoir maintenir ma colère dans une constance tout feu tout flamme, mais ce dernier constat me donne malgré tout envie de plaindre ces gens. Et c'est, dans un second temps, ce que je vous invite à faire également, cher.e.s et très en chair adelphes du gras. Mais d'abord, l'offensive _sournoise_ est de mise...



Je m'explique : la stratégie que je recommande d'adopter, que ce soit lors d'un déjeuner entre collègues, un dîner entre potes ou un repas de famille, c'est de questionner l'origine de ces propos chez ceux qui partagent votre table. Lorsque vous avez la force et l'énergie pour pouvoir le faire sans craindre d'épuiser vos ressources, ou de déclencher un incident diplomatique bien sûr. Votre sécurité avant tout.

Les allié.e.s minces de la lutte contre la grossophobie, vous, en revanche, ça fait partie de vos missions du quotidien que d'aller éduquer vos pairs. Ouvrez grand vos esgourdes et vos mirettes pour ne plus laisser passer.

Comment procéder ? Très simplement. Lorsque Jean-Michel de la compta, tatie Suzanne ou encore Bob se lamentent devant leur plat. Demandez-leur, dans le plus grand des calmes, s'iels pensent vraiment qu'un repas va les faire devenir obèse. Questionnez les sincèrement sur leur conception de la réalité physique des corps et de leurs fonctionnements lorsqu'iels laissent éclater leur panique de devoir se mettre au régime pour une journée d'excès festifs.

Une fois qu'iels auront fini par remettre les pieds sur terre, c'est le moment de les achever, si je puis me permettre de le formuler ainsi. C'est compassion forcée o'clock. Là, il s'agit de leur mettre la main sur l'épaule et de leur demander s'iels se rendent compte du mal qu'iels se font en propageant de pareilles sornettes. C'est l'heure de dégainer la question qui change tout : « Est-ce que tu réalises que tu te gâches le plaisir d'une assiette d'exception en disant ça ? ».

Une fois qu'iels ont compris que cette démarche LES rend malheureux.ses, on peut leur glisser à l'oreille que ça ruine l'appétit des autres autour aussi, surtout celui des gros.ses. Et que l'origine de ce réflexe est grossophobe.

Quant à ce qui est de plaindre réellement ces tristes âmes, temps deux de l'opération, c'est plus un rappel qu'un conseil, en fait. Que vous ayez réussi à les faire cogiter sur leur condition ou non et même si vous n'avez pas eu la foi de vous lancer dans cette entreprise d'utilité publique... il reste la consolation de se souvenir que ces mots superflus et méchants rendent leurs assiettes insipides. Et pas la vôtre.



Profitez bien, autant que faire se peut, de vos repas de réveillon si vous participez aux fêtes de fin d'année. Et beaucoup de courage pour faire face à la grossophobie qui semble coller au train du fameux « esprit de Noël » jusqu'à poser ses vilains coudes sur la nappe. J'ai la certitude qu'on jour, on la bannira pour de bon de nos festins, et de toutes les autres tablées !

vendredi 21 décembre 2018

Fêtes de fin d'année et grossophobie : le pouvoir de la non-mixité entre gros·ses

Oh well, presque un an de pause non annoncée sur le blog dites donc ! Je vais pas me confondre une énième fois en excuses et explications, c'est ainsi, je me mets au clavier comme et quand je peux. Et puisque, personnellement,  je vis la grossophobie des fêtes de fin d'année encore plus violemment que celle du "corps de plage" estival, c'est le moment idéal pour reprendre. Surtout après le récent traitement médiatique de l'histoire de la nouvelle Miss France, Vaimalama Chaves, pour lequel je vais me permettre une *petite* (on se sait) digression en guise de préambule... Après, on parlera d'occupation de l'espace en tant que personnes grosses ;)


On raconte la perte de poids de la jeune femme comme le passage d'un "monstre" à une "bombe". Et si elle a effectivement subi le harcèlement de ses camarades à l'école parce que leurs comportements sont le reflet de la société grossophobe dans laquelle iels évoluent, parler "d'obésité" pour une personne mesurant 1m78 et pesant 80kg est inexact. Et donc mensonger. Certes, l'IMC (25,2 : synonyme de surpoids, pour la Vaimalama Chaves pré-régime) est toujours autant un concept approximatif et biaisé. Mais envoyer le message aux masses qu'un tel rapport poids/taille soit le signe d'une obésité "monstrueuse"... c'est tout simplement criminel. Tout comme le fait de ne raconter que les histoires de pertes de poids dans les représentations collectives, pour bien asseoir l'idée que c'est le seul salut des gros.ses et autres "pas minces". Oui, criminel. La grossophobie tue.

Donc comme si on n'avait pas assez à faire au mois de décembre, avec la complainte des minces qui ont peur de grossir (j'ai fait un petit thread Twitter là-dessus la semaine dernière, je prépare un article) à cause de deux malheureux repas de réveillon et une boîte de chocolats _enchaînant blagues grossophobes et dissertations sur les régimes et détox à longueur de journée pour se rassurer aux dépens des gros.ses_ on baigne dans les clichés de ce faux conte de fées instrumentalisé à la gloire du culte de la minceur. Et pourtant c'est un gros monsieur en costume rouge qu'on va célébrer durant les derniers jours de l'année ? Il y est des contradictions qui me dépassent, ma foi.



Bref, parenthèse de contexte terminée... j'ai envie de vous parler d'un très chouette outil pour faire le plein de puissance : la non-mixité entre personnes grosses.

J'ai compris l'intérêt du concept de non-mixité depuis longtemps, notamment dans les espaces féministes, entre meufs, et les espaces LGBTQI, entre gens non-cisgenres/hétérosexuel.le.s. Bref, sans les dominant.e.s, qui ont des comportements violents envers les populations aux dépens desquelles iels jouissent de leurs privilèges. Et ce, même lorsque ces personnes là sont "déconstruites".

On peut facilement comprendre l'importance, et la nécessité absolue, de ces réunions en non-mixité lorsqu'on voit la colère de celleux qui n'y sont pas convié.e.s face à l'annonce de l'événement... qui ne les aurait pas intéressé.e.s si l'invitation avait été formulée autrement. Il n'y a qu'à voir le déferlement de haine, campagnes de diffamation et de harcèlement que se prennent les militantes afroféministes sur les réseaux sociaux lorsqu'elles organisent des events qui ne sont pas ouverts aux personnes blanches ! Cet acharnement enragé est, à mon sens, le lointain cousin de la répression policière des mouvements sociaux : symptôme d'un pouvoir qui craint de perdre son autorité.

C'est pourtant sachant tout cela, aussi bien en théorie que dans la pratique, que j'ai découvert qu'il était possible de faire la même chose entre gros.ses. Le concept ne m'était tout simplement pas venu à l'esprit ! L'habitude de voir la grossophobie relayée au rang des faux problèmes dans les cercles militants et "woke", sans doute... Du coup, ça m'est tombé dessus l'hiver dernier, sans que je ne voie venir la chose. C'est après la journée de sensibilisation à la grossophobie, organisée le 15 décembre 2017 à l'Hôtel de Ville de Paris, que j'ai passé ma toute première soirée entre meufs grosses. Et cette expérience m'a complètement ouvert les yeux sur mes relations sociales avec les personnes minces de mon entourage, qui s'y trouvent en large (pun intended) majorité.



Gros remplacement
(c'est pas de moi, c'est des militant.e.s de Gras Politique !)


Nous étions quelques militantes fat positive à profiter de la venue de la blogueuse et fat activiste américaine Jes Baker pour organiser un petit dîner dans la capitale. Au moment de s'installer au restaurant, on a toutes pris le soin d'évaluer, ensemble, la taille du passage vers le bout de la table ainsi que l'épaisseur et la solidité des chaises disponibles, pour que les plus grosses d'entre nous peinent moins. Une démarche qui devrait aller de soi, et qui allait de soi puisqu'elle s'est faite tout naturellement dans cet environnement. Pourtant, c'est quelque chose de rarissime, pour ne pas dire inexistant, lorsqu'il y a une ou deux personnes grosses en minorité parmi des minces.

J'ai pris en pleine face la réalisation que l'on ne se soucie jamais nos besoins en termes d'accessibilité, de notre confort et de notre dignité, lorsque nous sommes entouré.e.s de non-gros.ses. J'ai repensé au nombre de soirées que j'ai passées mal installée, recroquevillée, pour ne surtout pas déborder, prenant sur moi dans la douleur pour ne pas perdre la face. Et priant pour ne pas casser le maigre mobiliser censé me soutenir. Une colère rétrospective s'est emparée de moi, au second plan du pied que je prenais avec mes sœurs de gras.

Depuis ce soir là, j'ai décidé de ne plus mettre mon confort entre parenthèses et d'occuper l'espace que j'ai le droit d'investir, étant donné mon volume. Maintenant, je repère l'endroit le plus accueillant et safe pour mon gros cul et j'y vais, après avoir vérifié que personne n'en ait visiblement plus besoin que moi. Un changement d'attitude pas forcément si visible que ça pour un oeil non-averti, je pense, mais qui vous révolutionne une existence, croyez-moi !

Et ça, c'est juste un exemple, un détail.
Naturellement, aucun propos grossophobe n'a été prononcé dans le groupe durant cette soirée. Et les regards de travers que toute personne grosse installée quelque part dans l'espace public _en particulier dans un contexte de repas_ se prend inévitablement étaient... imperceptibles. Était-ce parce que nous étions en train de vivre un moment d'empouvoirment hors du commun que nous ne les avons pas sentis ? Ou bien était-ce l'énergie dégagée par notre groupe, fière et solidaire, qui empêchait les lâches grossophobes de se livrer à leurs habituelles intimidations ? Un an après, je n'arrive toujours pas à en être certaine. Un peu des deux, j'imagine.

Ce soir là, on a plaisanté sur le fait qu'on "reprenait" Paris. Mais c'était vraiment ça.



On a pris la place qu'on avait le droit d'utiliser sans s'excuser, on a investi l'espace public sans se poser de questions. C'est vrai que ça doit être reposant de vivre le dehors ainsi, comme les minces, qui ne se rendent pas compte de leur privilège. Et qui chouinent dès qu'on leur met le nez dedans. Précision avant de me faire une énième fois accuser de "minçophobie" (coucou, ça n'existe pas dans un monde pensé avant tout par et pour les minces) : je parle "des minces" comme d' un groupe social, dominant, pas d'individus. Donc inutile de prendre mes propos  personnellement. Sauf si ça vous fait cogiter sur vos attitudes et leur pourquoi, parce que c'est important de le faire. Surtout si vous vous dites allié.e.s de la lutte contre la grossophobie.

Plus le temps passe et plus je remarque l'énergie déployée par les gros.ses pour se faire minuscules, pour ne pas gêner, tandis que les minces ne font pas cet effort. Les rares fois où je sors dans des lieux de fêtes, par exemple, je le ressens : je fais tout pour ne pas bouger, le plus loin du passage possible, pour ne pas faire chier les autres. Tandis que les minces font des allers-retours sans fin, s'excusent rarement de vous bousculer ou de vous renverser leurs verres dessus en passant parce qu'iels ne le voient même pas. L'espace public leur est acquis. Je me repense aussi à ce voyage dans un métro bondé, une fois. Dans le carré de quatre places où je me trouvais, nous étions trois meufs grosses. Compactées, droites comme des I, dignes, nous débordions à peine de nos sièges. Ce qui laissait tout loisir au petit loustic maigrichon en face de nous de manspreader de tout son long, jusqu'à nous toucher toutes les trois à la fois.

Inverser le pa(g)radigme


Quelques jours après cette mémorable sortie fat power du 15 décembre de l'an dernier, une amie grosse et moi-même avons revu Jes. Et cette énergie était tout aussi palpable en trio. Je me souviens de ce moment où, dans les côtes de Montmartre, on a toutes les trois ouvert nos manteaux puis retiré des couches et qu'on s'est comprises. On n'a pas eu besoin de justifier qu'on avait très chaud malgré les températures frisant le négatif. Au contraire, nous avons exprimé notre soulagement d'avoir cette liberté, sans le regard interrogateur ou moqueur d'une personne mince à gérer. Quelque chose d'anodin vu de l'extérieur je suppose, mais pour moi, ça a été un des plus grands moments d'insouciance et d'apaisement qu'il m'ait été donné de vivre en 29 ans. Et une prise de conscience mémorable, aussi.



Un petit mois plus tard, mes impressions étaient confirmées lors des Etats Généraux de la Grossophobie, organisés par l'association Gras Politique à Paris. Certes, il y avait quelques allié.e.s minces dans l'assistance, mais je les ai trouvé.e.s très respectueux.ses, sachant rester à leur place et n'ouvrant le bec que pour poser de sincères et pertinentes questions dont nous n'avions pas déjà donné la réponse. Mais surtout, nous étions une majorité de gros.ses. Le paradigme était totalement renversé. Pas de place pour la honte d'être "le monstre" du groupe de minces et beaucoup de fatoyance dans la salle !

Durant l'après-midi, nous nous sommes réparti.e.s en différents groupes de réflexion sur des thématiques précises (représentations, vie sociale, santé...). Nous avons été amené.e.s, pour certain.e.s, à évoquer des sujets graves et difficiles en lien avec toutes les formes de grossophobie que nous avons pu subir. Et c'était léger de pouvoir le faire. Pas d'étonnements naïfs, pas de "tu vois le mal partout". Juste de la compréhension, du respect et de la solidarité. Clairement, nous avons besoin de plus de temps et d'espaces pour de la non-mixité grosse. Aussi bien pour nos bonheurs individuels que pour mettre la grossophobie derrière nos gros derrières... et l'étouffer de nos puissants bourrelets.

Non-mixité grosse et fêtes de fin d'année


Bon. Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça maintenant, me demanderez-vous ? Eh bien tout simplement pour vous recommander chaleureusement de vous saisir au plus vite du formidable outil qu'est la non-mixité entre personnes grosses. Avant les réveillons, entre les réveillons, après les réveillons. Aussi souvent que vous le voudrez et que vous le pourrez pour faire le plein d'une trop rare énergie.

Si les réseaux sociaux permettent de se sentir mieux représenté.e.s en tant que gros.ses et de trouver une communauté d'entraide engagée, engageante et aimante contre la grossophobie... Se retrouver bien en chair et avec peu d'os, entre éléphant.e.s, bibendums et autres propagandistes de l'obésité (oui, on se fait vraiment appeler comme ça lorsque l'on milite pour que les gros.ses soient respecté.e.s au même titre que les minces), est quelques crans au-dessus en termes de kiff et de ressources.

Je peux même garantir à celleux qui me lisent et qui se disent que "ça doit être sympa" qu'iels n'ont pas idée d'à quel point cette sensation est au-delà de la certes merveilleuse mais simple joie. Des prises de consciences monumentales vous attendent sur l'étendue de la grossophobie dans laquelle nous vivons. Et la découverte d'une bienveillance inouïe dans des détails que vous n'aviez même pas remarqué tant vous vous êtes adapté.e.s à cette société qui vous méprise et vous invisibilise en prime !

Donc pour faire le plein de courage avant le repas de famille où on va surveiller votre assiette, pour reprendre goût à la vie après une soirée "de fêtes" où les blagues et réflexions grossophobes ont fusé ou à n'importe quel moment de l'année... je vous encourage à organiser des sorties entre gros.ses. Qu'il s'agisse de petits groupes de copain.e.s, de la création d'un collectif militant près de chez vous, ou encore de l'organisation une soirée communautaire.

Et si vous avez, dans votre malheur, la chance d'être deux ou trois gros.ses dans l'assistance... essayez de vous regroupez et de faire front. Et, petite technique testée et approuvée enseignée par une amie : face à une blague grossophobe (ça marche aussi pour "l'humour" sexiste, raciste, LGBTQIphobe, validiste et psychophobe), faites l'idiot.e. Demandez à votre aimable interlocuteur.rice d'expliquer sa plaisanterie, histoire que vous compreniez en quoi c'est drôle, et regardez lae se confondre en explications bancales tout en sirotant le contenu de votre coupette.



Adipeux Noël et Grosse Année à toustes ♥



PS : Voici mes articles sur la grossophobie et le mouvement body positive en périodes de fêtes des années précédentes ;)








🌟

jeudi 8 février 2018

L'inspiration body positive de janvier 2018


Ce message de bonne année d’Adipositivity




Année différente, même derrière ! On laisse la grossophobie aux oubliettes de 2017 ?


Le projet “I’m Tired”




Les photos, qui abordent le genre, les maladies, le handicap, la race, l’orientation sexuelle/amoureuse, le militantisme, sont terriblement puissantes.



L’app de Maayan Ziv, Access Now, qui change la donne pour les personnes en situation de handicap





Un jour, quand on ne vivra plus dans une société validiste, il n'y aura plus besoin d'initiatives comme celles-ci. En attendant, on célèbre les petites victoires des personnes handies qui se battent tous les jours pour plus d'accessibilité.


Cette précision sur la médiatisation de Nong Rose






Réfléchissons, relisons-nous, avant de poster. Bon sang !

Cet obstétricien fait danser ses patientes sur Despacito




Une bonne manière de détendre les patient·e·s, et d’éviter de nombreuses violences médicales lors de l’accouchement.


Le message de cette femme, agressée à un festival “parce qu” ‘elle était topless, sur la culture du viol




2018, année du CONSENTEMENT, hein ?!


Madonna qui parle de sexisme et d’âgisme



Ses privilèges (blanc, riche, mince) n'enlèvent rien au sexisme et à l'âgisme qu'elle vit. Ses mots sont très importants.




Il date d’il y a un peu plus d’un an mais il vient de popper dans ma TL et je me dis que ce serait pertinent de partager cette découverte avec vous. Il est important de briser cette image de régime “safe” qu’a WW, surtout avec une ambassadrice comme la fabuleuse Oprah Winfrey, parce que ce procédé est tout aussi inefficace… et dangereux. Sans parle de la toxicité de l’industrie de la minceur qui transpire par tous les pores de cette institution !


Liste des raisons de faire du sport qui ne sont pas liées aux cultures de la minceur/du fitness



"Liste de raisons d'aller faire du sport qui ne sont pas les standards de beauté patriarcaux :
- courir plus vite que les flics
- vivre plus longtemps que vous ennemis
- avoir plus de pêche pour le sexe
- bien dormir la nuit
- gagner en force pour combattre les fachos
- écouter de la musique sans être interrompu.e”
Mais… C’est toujours aussi okay de ne pas faire de sport du tout, il ne s’agirait pas d’ériger ces chouettes raisons en injonction validiste, par exemple ;)


Ce post de Fibrodiaries sur les représentations validistes des personnes en situation de handicap




“Les personnes en situation de handicap qui peuvent marcher sur de petites distances ne devraient pas avoir peur d'occuper les places de parking dédiées avant de rentrer dans un magasin.


Les personnes en situation de handicap en fauteuil roulant ne devraient pas avoir peur de bouger leurs jambes, ou de se lever brièvement.


Les personnes en situation de handicap ne devraient pas avoir peur d'utiliser une canne les jours où ça ne va pas.


Les personnes en situation de handicap ne devraient pas s'inquiéter de prendre du bon temps, et d'être vu.e.s en train de s'amuser.


Les personnes en situation de handicap ne devraient pas vivre dans la peur d'être attaqué.e.s, accusé.e.s de mentir ou encore d'être dénoncé.e.s pour "fraude" juste parce qu'iels ne rentrent pas dans les représentations validistes de ce à quoi une personne handie devrait avoir l'air ou ce qu'elle devrait faire.


Les personnes en situation de handicap méritent de quitter leur maison en sécurité et vivre leurs vies sans peur ni jugement.”


Ce projet Kickstarter à financer, pour une coupe menstruelle accessible aux personnes en situation de handicap




Si la libération de la parole et des diverses protections pour les personnes menstrué.e.s oublie les handi.e.s… elle ne libère pas grand chose. Donnons force et visibilité à ce projet nécessaire !




https://medium.com/@thefatshadow/a-letter-from-the-fat-person-on-your-flight-b0ceb1407c61


Une lettre à mettre entre toutes les mains !


Cette série photo de Peter de Vito sur l'acné





C'est vraiment chouette de voir un homme se saisir de la question, aussi ! Les photos sont très belles, et puissantes.






Le contenu de l’article n’est même pas le sujet : les représentations comptent énormément, je me répète. Et le fait de voir une femme grosse ainsi “””banalisée””” est un vrai pas en avant.


Ce post de Jezebel Express




Une publication partagée par Jezebel (@jezebelexpress) le


“Vous avez déjà un corps de plage” : rappel important à l’heure où les “bonnes résolutions” du début d’année sentent déjà les injonctions au “corps parfait pour l’été” faussement parfumées de monoï.



Cet article sur le validisme des représentations handies à l’écran







Et si on faisait appel à des acteur·rice·s en situation de handicap pour jouer des personnages en situation de handicap ? Hein ? Une idée comme ça. L’article, en anglais, développe cette nécessité. Les représentations comptent (encore et toujours…).




Pourquoi se mettre au régime ne devrait pas être votre “bonne résolution”






Pas déso, pas déso.




Ce court portrait de Timothé, militant handie




Vous savez ce qu’il vous reste à faire * cliquer sur j’aime * !



Ce projet photo centré sur les cicatrices






Ces dernières nous concernent tou·te·s, mais plus particulièrement les personnes ayant subi un accident, les personnes en situation de handicap, les personnes neuroatypiques, les personnes trans et intersexe. D’où l’importance de visibiliser les cicatrices dans les représentations des corps !
On court suivre Sophie Mayenne, photographe à l'origine de cette démarche ! 


Ce post très puissant sur la dysphorie, d’un mec trans*






Cette publication a eu beaucoup d’écho sur Twitter, beaucoup moins restrictif que FB et IG en ce qui concerne la nudité, et heureusement, car elle est terriblement importante. Lutter contre la transphobie et l’hétérosexisme est une priorité dans le mouvement body positive !




Cette vidéo sur le colorisme






Vraiment, il est urgent que l’on se renseigne sur le sujet. En particulier les non-concerné.e.s, car les représentations même “””plus diverses””” continuent de cultiver le colorisme. Et c’est inacceptable.




Cette citation de Naomi Wolf, vraiment pertinente




"Une culture fixée sur la minceur des femmes n'est pas une obsession pour la beauté de ces dernières, mais pour leur obéissance. Le régime est l'un des plus puissants sédatifs politiques dans l'histoire des femmes; une population silencieusement énervée en est une docile"




Ce recueil de témoignages sur la grossophobie médicale et toute la violence qu’elle charrie






Big up à la journaliste qui a fait un super taf (j’ai témoigné :3), bémol sur les illustrations. Rappel que les gros·ses ont aussi des visages ;)




Cet article de Plus-Size Backpakeuse sur le concern trolling






Rangez-le loin, trèèèèès loiiiiiiiiiiiiiiiin, votre “argument santé”, les grossophobes.




Cette interview dessinée de Lucie Larousse sur la grossophobie




Je n’ai rien à ajouter sinon… SUIVEZ-LA !







Oui, en caps, parce que ce post de 2014 vous sauvera bien des nerfs, lorsqu’on vous sortira que les gros·ses sont nécessairement en mauvais santé, et incapables de faire du sport.


Lupita Nyongo écrit un livre pour enfants






Elle y aborde le thème du colorisme, nécessité vitale s’il en est, et il sera publié en janvier 2019.


Cette success story à suivre de près






Merde aux marques de maquillage qui “oublient” les peaux foncées. Vive Melanin !


Cet article sur le pouvoir du self care






Ne culpabilisez pas d’y avoir recours, c’est une nécessité absolue. Prenez soin de vous !



Ces deux posts de Jane Fonda






Queen indeed. L’âgisme, et tout le sexisme qu’il charrie, est un sujet qui n’est pas assez abordé dans les milieux militants, y compris body posi ! Et puisqu’on en cause : regardez Grace & Frankie, vraiment.


Et si on parlait de poils ?






Que vous les gardiez ou que vous vous en débarassiez, c’est totalement okay. Le tout est de savoir pourquoi vous le faites ou ne le faites pas, et ce que ça vous apporte, objectivement, sans dénigrer les choix des autres quels qu’ils soient. Bref, une réflexion nécessaire !


Ce post hélas nécessaire sur le vocabulaire psychophobe, validiste et grossophobe adressé à Trump




On peut détester cette ordure (tiens, une insulte non-oppressive dites !) sans pour autant attaquer son physique. Ses idées suffisent amplement à bâtir une offensive politique, et qui ne perpétue pas la violence des injonctions faites aux cops au passage.


La réponse de Daria Marx au fatsuit de Tibo Inshape



Daria Marx, co-fondatrice de Gras Politique, répond avec force et pertinence à ce youtubeur "fitness" qui a cru être original en enfilant un costume de gros (fatsuit) histoire de "rire" un coup...



Ce texte, en anglais, est à mettre entre toutes les mains. Un concentré de bienveillance fat et body positive qui fait du bien à l'âme.




Une réflexion vitale, nécessaire. Toujours autour de l’appropriation des mouvements proches du body positive, qui sont vite récupérés par des personnes qui sont les moins violentées par les normes de beauté.


https://www.bustle.com/p/wonder-doesnt-deserve-oscar-for-casting-a-non-disabled-actor-in-its-leading-role-7993449

Alors, nous sommes en 2018 mais on va quand même répéter ce fondamental pour celleux du fond qui n'ont pas l'air de suivre : pour jouer des personnes en situation de handicap, on engage des comédien·ne·s en situation de handicap, pour jouer des personnes grosses, on engage des comédien·ne·s grosses, pour jouer des personnes trans*, on engage des comédien·ne·s trans*, pour jouer des personnes racisé·e·s, on engage des comédien·ne·s racisé·e·s. Nos identités ne sont pas des costumes. C'est assez simple pourtant, non ?


Cette agence de mannequins russe qui ne recrute que des "senior"


Eh oui, les vieilles et les vieux aussi, ont besoin d'être représenté·e·s !

On peut ensuite critiquer le fait que la totalité de ces personnes soient minces, valides (en apparence du moins) et blanches (la Russie est encore plus raciste que la France, croyez-moi, j'y suis née...).


Le court métrage "Le bleu-blanc-rouge de mes cheveux" de Josza Anjembe


En route pour les César 2018, ce court métrage percutant sur la dimension politique que jouent les cheveux crépus dans le racisme d'état qui sévit en France était disponible au visionnage sur Vimeo. Croisons les doigts pour la suite des événements !

"Le nouvel instacouple queer à suivre"


Claudia est racisée, Jessica est sourde : les deux offrent visibilité et joie aux followers de leur compte instagram de couple, parce que les représentations lesbiennes manquent... Et qu'elles sont une bulle d'air vitale dans ce monde hétéronormé, validiste et raciste !

Ce selfie post op' d'un homme trans


"Je sais que je ne suis pas le candidat "idéal", ni celui qu'on qualifierait de "goals" pour la mammectomie. Je ne suis pas mince ni attirant selon les normes ou quoi que ce soit. Mais ce que je suis est là. Trois semaines après l'opération. Je n'ai jamais été aussi heureux dans mon corps que je le suis maintenant."


Avez-vous bu de l'eau ? Pris vos médicaments ? Est-ce que quelque chose vous fait mal ? Êtes-vous dans un environnement sûr ? Ce site "à utiliser dès le réveil" vous permet de reprendre les basiques afin de vous occuper de vous si ça ne va pas, si vous n'avez pas les ressources pour le faire spontanément. Malheureusement, ce n'est qu'en anglais... pour l'instant ? Ou bien peut-être quelqu'un·e avec le temps et les talents nécessaires pourrait nous en faire une version française ? Parce que cela m'a tout l'air d'un très très chouette outil.





Quelqu'un a créé un meme "personnage original VS personnage dé-tumblrisé"... En inversant les deux images. Sur la première, le personnage féminin est racisé, couvert, pas-mince alors que sur la seconde, elle est blanchie, amincie et bien plus dénudée. La légende du tweet dit "imaginez avoir eu le cerveau tellement lavé que vous pensez qu'un dessin réaliste est 'tumblrisé'". On n'a pas le cul sorti des ronces...